Côte d’Ivoire: Laurent Gbagbo « Je suis ivoirien mais j’ai appris en prison que j’étais d’Afrique ».

L’ancien président Ivoirien, Laurent Gabgbo, est arrivé en Côte d’Ivoire ce 17 juin, après avoir passé injustement dix années en prison.
Dans quel état d’esprit s’inscrit désormais la bête politique ? Sa première déclaration en dit long.

Mercredi 31 mars, la chambre d’appel de la juridiction internationale a confirmé l’acquittement de l’ancien chef d’Etat, Laurent Gbagbo, ainsi que celui de Charles Blé Goudé, prononcé en première instance le 15 janvier 2019. Trois mois plus tard, soit jeudi 17 juin, l’animal politique a foulé le sol ivoirien, après une longue décennie aux mains de la Cour Pénale Internationale (CPI).

C’est en vainqueur que Laurent Gabgbo a été accueilli dans son pays par une franche partie de la population. Le malaise s’est bien fait ressentir à la présidence ivoirienne, car la police a été contrainte de disperser les populations venues accueillir l’ homme.

Arrivée de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire.

En remerciant la jeunesse ivoirienne qui s’est mobilisée pour l’accueillir, il souligne qu’elle a « dû payer parfois le prix lourd illustré par des blessures graves causées par une violence brutale que rien ne justifiait », selon un communiqué signé en son nom par son porte -parole, Justin Katinan Koné.

L’ancien président appelle, dans un souci d’apaisement « à la libération de toutes les personnes qui ont été interpellées dans le cadre de son accueil » et « s’inquiète de la violence qui se perpétue dans le pays ».

Tout juste arrivé dans son fief, l’ancien chef de l’Etat ivoirien déclare devant ses partisans:

« Je suis ivoirien mais j’ai appris en prison que j’étais d’Afrique ».

Une phrase fortement relayée dans les médias, car elle en dit long sur sa dynamique. Son combat ne se limite plus à la seule Côte d’Ivoire. Gbagbo tient à faire comprendre qu’il n’a pas changé son fusil d’épaule, malgré les moments difficiles qu’il a vécus. Il en est sorti plus grand et plus fort.

Son acquittement lui a offert un poids politique beaucoup plus important, qui dépasse désormais le cadre national, et s’inscrit maintenant sur le champ africain. C’est le symbole de sa victoire contre ses détracteurs d’hier. Une raison légitime de donner des sueurs froides à Alassane Ouattara, qui a oeuvré avec grande énergie, pour que son compétiteur Gbagbo soit condamné par la CPI.

C’est un pays parfaitement polarisé que l’ancien chef d’Etat a retrouvé. Mais son retour constitue plus que jamais, un espoir réel de voir une Côte d’Ivoire unie et en paix.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *