Gabon: Le Syndicat des transporteurs s’organise pour faire changer l’heure du couvre-feu.

Si les nouvelles mesures gouvernementales de lutte contre la pandémie de Covid-19 ont ramené à 18h00 l’heure du couvre-feu, le Syndicat libre des transporteurs terrestres du Gabon (Syltteg) constate que la mesure n’est pas en harmonie avec les problématiques qui en découlent.

Depuis que l’heure du couvre-feu est passée à 18 heures, nombreuses sont les personnes qui dénoncent une mesure inapplicable, voire dangereuse. Il n’est plus rare de voir des véhicules de particuliers de type pick-up se remplir de personnes, serrées les unes contre les autres, qui peinent à trouver un moyen de locomotion pour rentrer chez-elles. Comment justifier que les mesures de lutte contre la pandémie créent des conditions idéales de propagation du virus ? 18h représente-t-elle l’heure par excellence de protection des populations ?

Notre rédaction s’est rapprochée du Syndicat libre des transporteurs terrestres du Gabon (Syltteg). En effet, une pétition de la société civile en relation avec la proposition de l’instauration du couvre-feu à 22h est en cours de signature.

Robert Menie, président du Syltteg évoque trois raisons principales: Des raisons techniques, sanitaires et économiques.

Pétition signée par les transporteurs gabonais. L’enquêteur.

« On peut réaménager techniquement cette heure en la ramenant à 22h ou au- delà pour qu’il y ait un temps d’évacuation des populations plus long (700.000 habitants à Libreville, 24.000 à Owendo et 18.000 à Akanda), et que cette évacuation se fasse dans la sérénité, dans des conditions qui permettent une réduction effective du taux de contamination tout en permettant aux gens de travailler plus longtemps, et donc de gagner leur vie de manière convenable« , nous a confié Robert Menie.

Robert Menie, président du Syltteg.

A la question de savoir quelle serait la réaction des signataires de la pétition face à un éventuel refus du gouvernement de coopérer, le président du Syndicat affirme:

« Si nous avons l’impression que dans les négociations qui vont s’ouvrir le gouvernement ne veut pas reconnaitre qu’il y a eu une erreur sur l’appréciation de l’heure, nous disposons de toute une gamme de moyens légaux et pacifiques que la loi nous donne pour faire entendre notre voix. Pour l’instant nous sommes à la négociation. »

Si le couvre-feu en lui-même est de plus en plus accepté par les populations conscientes de la dangerosité du virus, l’heure du couvre-feu reste cependant très contestée à cause des nombreuses difficultés que celle-ci crée au quotidien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *