Gabon: Jean Marie Ogandaga au four et au moulin pour faire annuler la dette

En quête de moyens pour assurer le financement de son plan de « résilience pour la relance de notre économie et la préservation de notre modèle social » évalué à 407 milliards de FCFA, le ministère de l’Economie et des Finances multiplie les séances de travail avec les partenaires techniques et financiers. Portées par la volonté de voir la dette publique gabonaise annulée, comme souhaité par de nombreux experts, ces négociations semblent jusquelà piétiner. 

Comme on peut le lire dans un sujet rédigé entre autres par Paul Wallace pour le groupe américain spécialisé dans l’information économique et financière Bloomberg LP, la tâche s’annonce ardue pour les autorités gabonaises. Et pour cause, aujourd’hui comme dans les mois à venir le poids de la déroute pétrolière et la pandémie mondiale de coronavirus pourraient asphyxier l’économie gabonaise. 

En effet, fortement tributaire des revenus pétroliers qui ont volé en éclat ces derniers mois faisant planer le risque d’une perte sèche des recettes budgétaires de l’ordre de 700 milliards de FCFA, le pays a besoin d’un moratoire sur la dette voire d’une annulation pure et simple de certaines obligations, en particulier l’ancienne dette que le gouvernement « paie depuis plusieurs années » comme l’a rappelé Jean-Marie Ogandaga.

Dans ce contexte, le Gabon négocie fortement avec tous ses créanciers multilatéraux, et a même « écrit aux partenaires chinois du gouvernement et à Afreximbank » comme l’a soutenu le ministre des Finances à l’agence américaine. Ainsi, alors qu’à la mi février, le pays se disait prêt à émettre une autre euro-obligation avant la fin de cette année avec des perspectives de croissance à 5% en 2020, il est aujourd’hui contraint d’abattre toutes ses cartes auprès de bailleurs de fonds pour une hypothétique annulation. 

Rappelant chez nos confrères, que « si vous gagnez la moitié de votre salaire, il vous sera difficile de continuer à payer votre dette », Ogandaga a donc fait part de son pessimisme face à une situation dont on ignore l’issue. A noter que l’eurobond émis en début d’année par les autorités a vu son rendement passer de 6,625% à 10,233%, augmentant ainsi le risque d’insolvalvabilité du pays dont la note souveraine vient de passer à CCC selon Fitch Ratings.

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