Gabon: l’heure de se positionner en pilier de l’économie verte

Alors que la crise actuelle a révélé les nombreuses difficultés du Gabon à réellement amorcer la diversification de son économie, elle a dans le même temps révélé la capacité du pays à s’imposer comme un pilier de l’économie verte. Dans un monde qui ne sera plus jamais le même au regard des dysfonctionnements actuels, le Gabon a donc à bien des égards, l’occasion de reprofiler son modèle économique. 

« Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que la reprise soit verte » affirmait Kristalina Georgieva directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) lors du Dialogue de Petersberg sur le climat qui s’est tenu les 27 et 28 avril 2020. Une position partagée lors de ce dialogue, par Alzbeta Klein, la responsable mondiale des affaires climatiques de la Société financière internationale (SFI).

Dans ce contexte, le Gabon a une formidable carte à jouer.  Disposant d’un important capital naturel réparti sur l’ensemble de son territoire recouvert par 23 millions d’hectares de forêt tropicale humide qui s’inscrit dans le continuum du bassin forestier du Congo (deuxième “poumon vert” de la planète) après l’Amazonie, le Gabon encore fortement tributaire des revenus tirés des activités extractives, doit revoir son modèle de croissance. 

Et pour cause, la crise économico-sanitaire actuelle, en plus de révéler les insuffisances du système financier mondial hautement spéculatif, a mis en exergue la faiblesse du modèle économique de nombreux pays africains dont le Gabon qui devrait perdre jusqu’à 700 milliards de FCFA de recettes budgétaires en 2020, et probablement jusqu’à 10% de son PIB. 

Face à cette situation, l’exécutif doit donc se résoudre à passer de la parole aux actes, et « valoriser son « pétrole vert » comme l’avait souligné Ali Bongo Ondimba. Conscient que « l’économie verte s’annonce, en effet, comme un des vecteurs de l’économie mondiale du XXIème siècle et que notre pays dispose des atouts pour y devenir un grand acteur », l’exécutif devra donc s’assurer de la mise en oeuvre de cette économie verte. 

L’heure n’est donc plus à limiter ses perspectives en engageant des coûts faramineux dans les énergies fossiles, mais plutôt à reprofiler notre modèle économique et de croissance, en le basant sur ce qui constituait un des piliers du plan stratégique gabon emergent (PSGE) à savoir : le Gabon vert, et ainsi bâtir une économie qui obéit aux règles, aux principes et aux critères du développement durable.

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